Différents types de religions

Classer les religions d’après la valeur des dieux n’a aucun sens. Nous ne sommes pas les arbitres des dieux. Il ne s’agit donc en aucun cas de classer les religions sur ce critère.
Les chrétiens ont eu longtemps l’habitude de parler de religions naturelles et religions révélées. Ceci non plus n’a plus de sens.
 
Sociologiquement : pour qu’une religion fonctionne il faut que ses adeptes croient au caractère révélé par les dieux de son patrimoine religieux (toutes les religions qui fonctionnent sont donc perçues par leurs adeptes comme révélées par leur dieu).
Pour Nostra Aetate : les païens ouverts à ce que peut être Dieu peuvent être sauvés en Jésus qui est venu épouser leurs ouvertures. (Toutes les religions sont donc naturelles dans le Christ qui a épousé notre nature, sinon il n’y a pas d’incarnation véritable).
 
Il résulte de ces affirmations un risque de relativisme.
 
Si on accepte les dieux, ils résistent en eux-mêmes à tout classement (relativisme d’inclusion).
1. Chacun défend son dieu bec et ongle (= fondamentalisme radical évangélique ou islamique avec pour effet : guerre des religions, communautarisme).
2. La tolérance noie le poisson (New age)
 
Si on refuse les dieux, toutes les spiritualités immanentes se valent (relativisme d’exclusion).
1. Chacun défend sa spiritualité sans dieu : individualisme.
2. Le relativisme individuel est surmonté par « le bien commun » : Communisme, nationalismes, droits de l’homme. idéologies sécularisées.
3. La tolérance (ou laïcité) noie le poisson.

Les dominantes éthiques des grandes religions

La seule parade au relativisme pour ceux qui acceptent les dieux consiste à vivre une spiritualité qui n’est plus immanente (Luc Ferry, Europe d’Annecy) mais établit une relation entre l’homme et les dieux. Un classement peut alors se faire entre les modes d’appréhension de cette relation « homme-dieu/dieu-homme ». C’est cela que nous appelons les « attitudes dominantes » ou les « dominantes éthiques » dans les religions. Toutes les religions les partagent à des degrés divers. Ce n’est donc en aucun cas une description ni un classement des religions.

La relation entre l’homme et les dieux s’inscrit dans la vie ordinaire de l’homme capable de repérer en lui et dans le monde des cycles qu’il croit pouvoir contrôler et qui fondent sa rationalité (cycles des cohérences maîtrisées).
Cette rationalité a des limites ou des cassures qui amènent l’homme à se situer par rapport à un monde supérieur où ces cassures et limites se résorbent. (C’est le monde mythique des dieux).
Au croisement de ces deux mondes l’homme peut privilégier l’un ou l’autre des trois « dominantes éthiques » que nous désignons par un moyen mnémotechnique : convocation, invocation, évocation.


Les publications de référence :

les_seuils_de_la_foi

Editions Parole et Silence et Université Catholique de Lille

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